Une élite bilingue au pouvoir?




Une élite bilingue sera-t-elle au pouvoir dans l’ensemble des communes du canton? Voilà ce qui va probablement se passer si la loi sur les langues officielles est adoptée dans sa version actuelle, si les communes profitent de l’aubaine (?) qui permet d’instaurer deux langues dans tous les organes de toutes les communes par un simple règlement local (article 20).

Selon les statistiques officielles, une très faible partie des Fribourgeois (5,1%) a la belle compétence d’être bilingue. A Bienne, 20% des francophones disent «bien ou très bien» parler l’autre langue officielle. On peut donc en déduire que 80% des francophones de la ville modèle ne sont pas bilingues. Quand les francophones fribourgeois seront aussi bilingues que les Biennois, il y aura dans ce canton environ 33 000 francophones bilingues, et 130 000 francophones non bilingues (sur un total de 220 942 électeurs recensés pour la votation du 14 juin).

Lors de la distribution des postes clés dans les communes, les bilingues seront, de fait, privilégiés pour devenir membres du Conseil communal, syndics, présidents des commissions, etc. Autour d’une table de francophones et de germanophones, seuls les bilingues ont la compétence de comprendre tout ce qui se dit et de s’exprimer dans les deux langues. Ils constitueront l’élite apte à assumer le pouvoir. Quant aux autres, ils se sentiront relégués, devenus citoyens de deuxième rang dans leur commune où leur langue est peut-être majoritaire à 90%. Qui souhaite l’émergence de cette nouvelle aristocratie?